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Après des mois de coupures d’Internet, les chrétiens iraniens renouent le contact avec d’autres croyants, dans un contexte toujours marqué par les tensions et l’incertitude.
« C’est une joie. Hier soir, j’ai pu trouver et regarder une prédication dans ma langue, le farsi, sur les réseaux sociaux. Je me sens revitalisée.»
Pour Rahab (pseudonyme), une chrétienne iranienne, le retour progressif d’Internet après plusieurs mois de coupures est une véritable bouffée d’air: « Je peux enfin reprendre contact avec d’autres croyants et savoir ce qui se passe pour mes frères et sœurs.»
Néanmoins, l’ Iran demeure dans une période d’incertitude marquée par les tensions régionales, les bouleversements politiques et les souffrances grandissantes de sa population.
Le 7 juin dernier, après des frappes aériennes israéliennes dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, l’Iran a lancé des missiles contre le nord d’Israël. Les autorités iraniennes ont également menacé d’élargir leur riposte si Israël poursuivait ou étendait ses opérations.
Ces échanges ont entraîné la fermeture de plusieurs espaces aériens dans la région, notamment en Iran, en Irak, en Syrie, en Jordanie et au Qatar. Si la situation ne semble pas, à ce stade, marquer un retour à une guerre régionale à grande échelle, les inquiétudes restent nombreuses.
Ces tensions extérieures surviennent alors que l’Iran connaît d’importants bouleversements internes.
La mort du guide suprême Ali Khamenei a ouvert une période d’incertitude quant à l’avenir politique du pays. Certains observateurs chrétiens s’inquiètent qu’une accession de l’ayatollah Alireza Arafi à la fonction de guide suprême ne conduise à un durcissement des politiques religieuses et à une pression accrue sur les chrétiens et les autres minorités religieuses du pays.
Au milieu de cette instabilité, la population iranienne continue de payer un lourd tribut. Plus de 6.000 Iraniens ont été arrêtés arbitrairement depuis le début de la guerre. Certains auraient été victimes de disparitions forcées.
Les chrétiens figurent parmi les personnes touchées par ces arrestations. Historiquement, les périodes de crise ont souvent conduit à un renforcement de la pression exercée contre les convertis au christianisme, les églises de maison et les autres minorités religieuses.
Pendant plusieurs mois, l’accès aux réseaux sociaux a été fortement restreint. Pour beaucoup, cette coupure représentait bien plus qu’une simple interruption technique. Les convertis iraniens et les églises de maison ont été particulièrement affectés. Beaucoup ont perdu le contact avec des responsables chrétiens à l’étranger et n’ont pas pu continuer à suivre les cultes en ligne ou les cours de disciples.
Afshin (pseudonyme), un responsable d’église iranien, témoigne de l’impact de cette période: « Les massacres de masse de janvier et la coupure d’Internet ont provoqué une immense vague de dépression.» Selon lui, de nombreuses familles ont perdu le contact avec leurs proches et beaucoup de croyants se sont retrouvés privés de soutien spirituel et de communion fraternelle.
Aujourd’hui, les connexions reviennent progressivement et permettent aux chrétiens de renouer avec d’autres croyants. Cette nouvelle a apporté un peu de joie à de nombreux Iraniens.
Pour Afshin, le rétablissement d’Internet ne suffit toutefois pas à guérir les blessures profondes laissées par les derniers mois.
« Avoir de nouveau accès à Internet est un remède temporaire. La souffrance du peuple iranien va bien au-delà. Seul Dieu peut apporter la véritable liberté, l’espérance et la joie au peuple iranien.»
Alors que l’avenir du pays demeure incertain, les chrétiens d’Iran continuent de placer leur confiance en Dieu. Leur situation nous rappelle combien nos prières sont nécessaires pour eux aujourd’hui.