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Une nouvelle loi au Kirghizistan risque de provoquer la fermeture de nombreuses églises.
L’ancien État soviétique du Kirghizistan s’entête dans sa volonté de restreindre les libertés religieuses. Une première loi devait remplacer celle en vigueur depuis 2008, mais elle a été rejetée par le Parlement en octobre 2023. Alors, le gouvernement revient à la charge avec un projet encore plus restrictif, qu’il espère faire entrer en vigueur au 1er février 2025.
Si ce texte est adopté par le Parlement, toutes les communautés religieuses du pays devront être enregistrées auprès des autorités pour obtenir un agrément, qu’il faudra renouveler tous les cinq ans. Pour obtenir cet agrément, il faudra présenter un nombre très élevé de signatures de membres:
Si une communauté existante n’arrive pas à fournir toutes ces signatures, elle n’aura plus le droit d’exercer: plus de prédication, ni d’enseignement à destination des adultes ou des enfants. Un protestant kirghiz s’inquiète:
«Je crains que, si ces changements sont adoptés, et si les autorités poursuivent leur ancienne stratégie, beaucoup d’églises ne soient fermées.»
Or, récolter autant de signatures est une mission quasi-impossible. Non que ces chrétiens membres d’églises n’existent pas, mais parce qu’ils préfèrent rester anonymes. Ils craignent tout d’abord la violation de leur vie privée par les autorités «laïques» (mise sur écoute, etc.).
Mais ils redoutent aussi des représailles du reste de la population musulmane, 87 % de la population kirghize étant musulmane. Dans certaines zones, des prédicateurs virulents ont appelé leurs fidèles à entrer dans les églises et à filmer les cultes pour dénoncer sur les réseaux sociaux ceux qui y participent, mettant ainsi leur vie en danger. La nouvelle loi ne ferait qu’augmenter le danger pesant sur les chrétiens kirghiz.